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Parfois, nos ancêtres pouvaient être amenés à partir loin de chez eux et ce pour de multiples raisons. Ce fut notamment le cas de l’un de mes miens qui participa à la colonisation de l’Afrique par les Européens à la fin du XIXème siècle et qui décédera loin de sa famille.

La période de la conscription

En 1893, François TURPEAU, mon ancêtre, est un jeune homme de 21 ans ayant reçu une instruction primaire (sait lire, écrire et signer), habitant Beaussais et employé en tant que domestique dans les environs de Celles-Sur-Belle. Comme bons nombres de jeunes de son âge, il est amené à effectuer son service militaire obligatoire. Le 16 septembre de la dite année, lors de son incorporation, il est affecté au 29ème Bataillon de chasseurs où il effectue ses classes pendant près d’un an et demi en tant que soldat de seconde classe.

Le départ pour Madagascar

Début 1895, une décision du gouvernement fait qu’il doit changer de régiment et de corps d’armée au passage. Il quitte ainsi l’armée de Terre pour la Marine où il côtoiera différents régiments successifs :

  • Le 5ème régiment d’infanterie de Marine du 16 février au 14 mars 1895
  • Puis le 1er régiment d’infanterie de Marine du 15 mars au 19 avril 1895
  • Et enfin le 13ème régiment d’infanterie de Marine à partir du 20 avril 1895

Le 20 avril 1895, François et son régiment sont sur le point d’embarquer vers Madagascar où la France souhaite réaffirmer son autorité après que les Malgaches aient exprimés le désir de voir les Français quittaient l’ile.

François embarque à bord du navire « Château Yquem » pour une longue traversée qui l’emmènera très loin de chez lui. Le 20-21 mai, après 1 mois de navigation, François TURPEAU et son régiment débarque enfin sur l’île de Madagascar. Quelques mois après leur arrivée (Fin septembre – début octobre 1895), la capitale Malgache tombe au main des français et le pays est mis sous protectorat.

Le rapatriement en France

Comme bons nombres de membres du corps expéditionnaire de Madagascar, François tombe malade au cours de la campagne militaire. Le gouvernement français met en place des dispositions afin de procéder à leur rapatriement au pays. Plusieurs bateaux sont affrétés à cette occasion dont le bateau à vapeur « le Canton » sur lequel embarqua François fin septembre – début octobre à Majunga (au Nord-Ouest de Madagascar). Pendant plusieurs semaines, « le Canton » remonte progressivement les côtes africaines avant d’atteindre la Mer Rouge.

Le 11 octobre 1895 à 1h du soir, François est retrouvé mort par l’équipage du navire, succombant probablement à la maladie. Le commandant du navire Monsieur Jules Nicolas DELHOMME en fait donc état sur le rôle d’équipage¹ comme il est tenu de le faire. Dans son rapport il stipule une chose très intéressante : la position à laquelle se trouve le bateau au moment des faits : « Le Canton » étant à la mer par 29’50’ Latitude Nord et 30.15 Longitude Est (soit au large de l’Égypte à priori).

La transcription du décès

Deux jours après, soit le 13 octobre 1895, le bateau accoste à Port-Saïd (au Nord du Golfe de Suez) où le commandant fait remettre une copie du décès à l’autorité consulaire de la ville qui se charge d’inscrire officiellement le décès de François TURPEAU sur ses registres. Le 27 octobre  1895, le « Canton » arrive dans la rade de Toulon. Au total, au cours de la traversée, ce sont 60 décès  qui sont recensés.

Un mois après, soit le 26 novembre 1895, la mention de son décès est transcrite sur les registres de l’état civil de sa commune de résidence. J’imagine que c’est seulement à cette occasion que la famille est informée du décès.

Chose un peu étrange : sur son registre matricule, il est indiqué qu’il est décédé de cause inconnue à Madagascar le 18 octobre 1895. Je pense à croire qu’il s’agit d’une erreur. L’autre version me paraissant bien plus fiable.

¹ Registre sur lequel est enregistré de nombreuses informations concernant le bateau et son équipage (et notamment les décès des passagers).

Sources :

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