En France, il existe de très nombreuses sources d’archives à exploiter lorsque l’on cherche à faire la généalogie de sa famille. Toutefois il s’avère parfois compliqué de s’orienter devant une telle masse de documents et notamment lorsque l’on débute en la matière. Dans cet article, je vous invite à découvrir les principales sources d’archives que j’utilise pour mes recherches généalogiques mais aussi celles parfois plus spécifiques et/ou moins connues mais ô combien intéressantes.

Les sources incontournables en généalogie

L’État Civil

L’état civil est une source incontournable en généalogie. C’est d’ailleurs bien souvent la première source vers laquelle l’on se tourne lorsque l’on débute. L’état civil regroupe tous les actes de naissances, mariages, décès d’une commune de la Révolution Française à nos jours. Sur les actes, vous trouverez la mention de la personne concernée, les noms et prénoms de ses parents, les témoins et diverses informations tout aussi utiles telles que la profession et l’âge des individus mentionnés, …

L’état civil va vous permettre de remonter progressivement dans le temps jusqu’à la période révolutionnaire. Vous allez ainsi pouvoir commencer à dresser votre arbre généalogique familial. Pour vous aider dans vos recherches, sachez que dans la majeure partie des départements français les actes de l’état-civil sont en ligne pour l’ensemble du 19ème siècle. Certains départements les proposent en ligne jusqu’en 1932 voir davantage. Pour ce qui est des actes plus récents, vous devez vous adresser directement auprès des mairies concernées. Attention toutefois au délai de communicabilité des documents (75 ans pour les naissances et les mariages et librement communicable pour les décès).

Les registres paroissiaux

Les registres paroissiaux sont les ancêtres de ceux de l’État-Civil. On y retrouve tous les actes de baptêmes, mariages et sépultures enregistrés dans une paroisse (ancêtre de la commune) de sa création jusqu’à la Révolution Française. Ces registres étaient tenus par les curés et rédigés en double exemplaire (un gardé dans la paroisse et l’autre conservé au greffe). Il est essentiel que vous gardiez toutefois à l’esprit que certaines lacunes peuvent exister dans certaines collections (certains registres ont disparus, des années peuvent parfois être manquantes, …). Quant à l’année à laquelle les registres débutent, cela pourra fortement varier d’une paroisse à l’autre. Il se peut que certaines paroisses possèdent des registres qui commencent au début du 17ème siècle quand d’autres ne débuteront les leurs que vers le début du 18ème siècle par exemple. Néanmoins, il est toutefois possible de contourner ce problème grâce à d’autres sources d’archives notamment celles des notaires.

Sur les actes des registres paroissiaux, les informations mentionnées pourront être plus ou moins détaillées selon le type d’acte, la localité, la période ou encore l’implication du curé dans la tenue des registres. Les actes de mariage seront en principe bien plus complets que les actes de baptêmes et de sépultures. Ces derniers pouvant être parfois très succincts voir incomplets.

Sachez que les curés ont néanmoins poursuivi la tenue de registres après la Révolution Française de 1789. Il est possible de trouver des actes de baptêmes, mariages et de sépultures pour le 19ème siècle dans les registres dits de « catholicité ». Ces registres conservés aux archives diocésaines peuvent être intéressants car ils permettent entre-autre de connaître les parrains / marraines des enfants baptisés ou encore les témoins d’un mariage religieux. Ils sont également très utiles pour compenser d’éventuelles lacunes de l’État-civil.

Les archives notariales

Les archives notariales constituent une source extrêmement importante pour tout généalogiste. Il faut savoir que nos ancêtres avaient bien souvent recours au notaire pour rédiger des actes en tout genre : un contrat de mariage, un testament, un contrat d’apprentissage, l’achat / la vente d’un bien, un partage, une succession, une émancipation, un inventaire après décès, un bail, …

Les archives des notaires représentent une source inestimable à mes yeux car elles nous permettent de mieux connaitre nos ancêtres. Ces derniers ne sont plus que de simples noms sur un bout de papier mais bien des individus à part entière avec leur propre histoire. Certains actes notariés comme l’inventaire après décès sont de véritables trésors. Grâce à eux, on peut découvrir l’intérieur de la maison de nos ancêtres à un instant T. Tous les biens possédés par le défunt y sont décris minutieusement par le notaire. Cela ne concerne pas forcément tous nos ancêtres. Mais toutefois si vous avez cette chance pour l’un d’entre-eux, n’hésitez surtout pas à consulter l’acte en question.

L’un des actes notariés que j’apprécie également tout particulièrement c’est le contrat de mariage. Celui-ci permet de découvrir les proches membres de la famille, les conditions du futur mariage (notamment la dot) mais surtout de palier à certaines lacunes des registres paroissiaux. En effet, dans certains cas l’acte de mariage peut être introuvable (année manquante par exemple), inexistant (avant le début des registres) ou bien incomplet. C’est notamment le cas pour les actes de certaines périodes, où le nom des parents ne figurent pas toujours. Le contrat de mariage vous permettra de combler ce manque. Vous pourrez ainsi remonter une génération supplémentaire.

Les recensements de population

Les recensements de population regorgent d’informations sur nos ancêtres. On y trouve notamment les noms, prénoms, âges, lieux de naissance et professions de chacun d’entre-eux. Les recensements de population permettent d’avoir une vision précise de la composition de la famille de vos ancêtres à un instant T. Grâce à eux, vous allez pouvoir répondre à un certain nombre de questions : Quels sont les personnes qui composent le foyer familial ? Plusieurs générations de la même famille vivent-elles sous le même toit ? Quels sont les proches voisins ? Votre ancêtre vit-il en tant que domestique ou avec les membres de sa famille ? Les enfants sont-ils tous nés au même endroit ?

Les recensements de population sont en principe rédigés tous les 5 ans avec quelques exceptions notamment en période de guerres. Beaucoup d’entre-eux sont consultables en ligne pour le 19ème siècle voir le début du 20ème siècle. Pour les périodes antérieures, les documents se font plus rares. Je vous invite dans ce cas à consulter les rôles de taille, les terriers et censiers lorsque ces derniers existent.

Remarque : Les recensements sont également très utiles pour trouver tous les membres d’une famille qui se serait pas mal déplacé et dont les enfants seraient nés à différents endroits (le lieu de naissance de chaque enfant étant en principe mentionné).

Le cadastre : les matrices, les plans

Le cadastre est une source d’archives que j’apprécie tout particulièrement. Il permet de connaître précisément le lieu de vie de nos ancêtres, les biens qu’ils possédaient sur une commune donnée mais aussi de découvrir les propriétaires successifs d’une maison. Les archives du cadastre vous seront d’une grande utilité si vous souhaitez trouver des informations sur une « maison de famille ». Grâce aux matrices cadastrales, vous pourrez connaître approximativement l’année où la maison est entrée dans votre famille ainsi que tous ses propriétaires successifs (depuis la création du cadastre au début du 19ème siècle).

En croisant les données des matrices cadastrales et des différents plans du cadastre, il est parfois possible d’établir une cartographie précise d’un hameau, voir d’un village. C’est comme ça que j’ai pu découvrir en détail l’environnement de certains de mes ancêtres (leurs possessions, les proches voisins, les batiments publics environnants, …)

Les archives hypothécaires

Les archives hypothécaires sont très utiles car elles vont vous permettre de découvrir l’ensemble des transactions foncières réalisées par l’un de nos ancêtres au cours de sa vie (acquisition / vente, échange, donation, saisie immobilière, …). Mais aussi de pouvoir accéder directement à une copie de chacun de ces différents actes sans avoir à passer par les archives notariés. C’est notamment très utile si vous recherchez un acte de propriété particulier sans avoir trop d’informations à ce sujet (date de l’acte, notaire chez qui l’acte a été passé, …).

Pour vos recherches, sachez que les archives sont réparties par bureau d’hypothèques, qu’il en existe plusieurs par département et qu’il est éventuellement possible de trouvez une trace de vos ancêtres dans plusieurs d’entre-eux selon les cas. La recherche hypothécaire se déroule en 4 étapes. Vous devez consulter successivement :

1) Le registre indicateur de la table alphabétique

2) La table alphabétique afin d’identifier le patronyme de vôtre ancêtre.

2) Les registres des formalités hypothécaires afin de découvrir l’ensemble des actes enregistrés pour vôtre ancêtre.

3) Les transcriptions hypothécaires afin de découvrir le détail des actes mentionnés à l’étape précédente.

Les archives de l’enregistrement / le contrôle des actes

Les archives de l’enregistrement permettent en principe de retrouver la trace de n’importe quel acte passé devant notaire, entre particuliers (sous seing privés) ou devant la justice (actes judiciaires). On y trouve également toutes les déclarations de succession. L’enregistrement a été crée avec la Révolution Française et succède au contrôle des actes de l’Ancien Régime.

Autrefois, tous les actes cités précédemment étaient consignés moyennant le paiement d’un droit d’enregistrement à l’État. En contrepartie, cela permettait de leur conférer une légitimité juridique. Les archives de l’enregistrement sont réparties par bureaux (localités), par type d’actes et tenus chronologiquement. Pour faciliter vos recherches, sachez qu’il existe bien souvent des tables récapitulatives. Parmi elles, on trouve notamment les tables de successions, des inventaires après décès, des testaments, des contrats de mariage, des partages et donations ainsi que celles des vendeurs / acquéreurs. Ces tables vous permettront d’identifier l’acte qui vous intéresse et de vous orienter vers le registre correspondant. Pour chaque acte enregistré, vous trouverez un certain nombre d’informations (selon le type d’actes):

–  la date et le lieu de l’enregistrement

– la date de l’acte

– le nom des parties

– le nom du notaire et son lieu de résidence

– le nom et le lieu du tribunal concerné

– détail sommaire de l’acte

– les informations relatives à la succession (nom du défunt, date de décès, montant de la succession, nom des héritiers, …

Remarque : La date de l’enregistrement ne correspond pas à la date de l’acte. Il peut y avoir un écart plus ou moins long entre les deux.

Les archives judiciaires

Les archives judiciaires sont une véritable mine d’or selon moi. Elles sont vraiment très riches et instructives. On y retrouve entre-autre le nom et l’état civil des différentes parties, les raisons du procès et parfois même le nom et les déclarations de certains témoins.

Vous vous dîtes peut-être que vous n’êtes pas concernés par tout cela ? Selon moi, il est vraiment fort à parier qu’au moins l’un de vos ancêtres ait eu affaire avec la justice, ne serait-ce que pour quelque chose de mineur. Autrefois, il était fréquent d’avoir recours à elle et ce pour de multiples raisons : un divorce, une querelle de voisinage, un vol, l’émancipation / l’adoption d’un enfant, la nomination de tuteurs, un accident de travail, un litige financier mais aussi pour des délits bien plus graves comme le meurtre ou l’infanticide par exemple. Je trouve que les archives judiciaires ne sont pas toujours facile d’accès lorsque l’on débute mais avec quelques conseils et un peu de pratique, il vous sera probablement possible de trouver vôtre bonheur.

Les archives militaires

Les archives militaires comportent également des fonds très intéressants et parmi eux les fameux registres matricules militaires. Chaque homme ayant exercé son service militaire possède une fiche retraçant son parcours dans l’armée. Sur chacune d’entre-elle est indiqué l’état-civil de la personne, sa description signalétique (taille, couleur des yeux et des cheveux, forme du visage, du nez et de la bouche ainsi que son degré d’instruction) ainsi que son parcours militaire (affectations diverses, campagnes auxquelles elle a participé, ses éventuelles blessures et décorations, …).

Pour trouver la fiche matricule de son ancêtre, il est nécessaire de connaître sa classe de mobilisation et son lieu d’incorporation. Sa classe correspond à l’année de ses 20 ans (ex : un individu né en 1890 sera de la classe 1910) et son lieu d’incorporation dépend du département dans lequel il réside à l’époque (Attention : généralement plusieurs bureaux existent par département, à vous de trouver le plus approprié).

Les sources complémentaires / spécifiques

La presse

La presse est riche en informations en tout genre. On y apprend bien souvent pas mal de choses. Dans le meilleurs des cas, elle vous permettra de trouver une quelconque mention de certains de vos ancêtres et ce pour des raisons bien diverses (condamnation, décoration, ..) mais aussi des actualités permettant de mieux cerner le contexte et l’environnement des membres de votre famille (événements dans la commune, phénomène météo, épidémies, faits-divers,…). La consultation de la presse peut être quelque chose d’assez « rébarbatif » mais ça vaut vraiment le coup. Personnellement, j’y ai fait de très belles découvertes. Sachez que certains sites proposent d’effectuer des recherches par mots-clés. Pour cela, j’utilise principalement Retronews, Généanet ou encore Gallica.

Les archives de l’assistance

Si certains de vos ancêtres ont été abandonné ou trouvé, il est intéressant pour vous de consulter les archives de l’assistance publique. Avec un peu de chance, vous y trouverez des informations extrêmement précieuses. Pour ma part, cela m’a permis d’accéder à tout un dossier concernant mon arrière-grand-mère abandonnée à sa naissance par ses parents. Et je peux vous dire que celui-ci était vraiment riche, très instructif et surtout très prenant émotionnellement. Quel plaisir de trouver quelques lettres manuscrites de sa part mais aussi de découvrir ce qu’elle a pu ressentir, vivre au cours de cette période.

Les archives hospitalières

Les archives hospitalières sont bien souvent moins connues. Pourtant elles peuvent être très intéressantes notamment si l’un de vos ancêtres a fait l’objet d’une hospitalisation (admission en sanatorium, à la maternité, décès à l’hôpital, …) ou si l’un d’eux faisait partie du personnel hospitalier. Pour ma part, ces archives m’ont permis de trouver des informations intéressantes sur mon arrière-grand-père décédé dans un sanatorium. En feuilletant les archives de l’établissement en question, j’ai pu avoir accès à sa date d’admission ou encore la liste de ses effets personnels dressée suite à son décès.

Les registres d’écrous

Les registres d’écrous contiennent la liste de tous les individus ayant été admis dans un établissement pénitentiaire particulier. Ils permettent d’obtenir de nombreuses informations sur les détenus : état civil, description signalétique, habits portés, motif d’incarcération, durée de la peine, … Vous y retrouverez dans certains cas la mention du jugement vous permettant ainsi de trouver l’acte en question dans les archives judiciaires. Vous en saurez ainsi davantage sur les raisons de l’incarcération de vôtre ancêtre. Ce qui m’a fait impressionné la première fois, c’est de trouver dans certains registres les empreintes digitales des condamnés notamment celles de l’un de mes arrières-arrières grands-parents. Le fait de connaître le détails des habits portés est également très instructif.

Sachez qu’il existe plusieurs typologies de registres d’écrous : arrêt, correction, justice, simple police, dettier, passager, provisoire. Parfois, il existe des répertoires généraux permettant d’orienter votre recherche vers les différents registres.

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